Twin Peaks
Twin Peaks

Comment parler de séries cultes sans évoquer le cas “Twin Peaks“, qui compte parmi les meilleures séries que la télévision ait connue, si ce n’est LA meilleure (mais, ce n’est que mon avis). Je l’ai vue un certain nombre de fois, ce que je conseillerai de faire pour en saisir tous les tenants et les aboutissants, tant cette série en regorge. Vous l’aurez compris, c’est une série que j’affectionne tout particulièrement.

Twin Peaks est une ville (fictive) du Nord de l’Etat de Washington, perdue au milieu de la forêt et surplombée par deux grands sommets montagneux. C’est une petite bourgade en apparence tranquille dont l’équilibre va se voir bouleversé, lorsque la jeune Laura Palmer est retrouvée morte, enveloppée nue dans une bâche en plastique au bord du lac. L’agent spécial du FBI, Dale Cooper incarné par le très charismatique Kyle McLachlan (qu’on retrouvera plusieurs années plus tard à Wisteria Lane, dans le rôle d’Orson Hodge), est envoyé sur place pour enquêter sur ce meurtre et démasquer le coupable. Il mènera l’enquête avec le soutien du sherif local, Harry Truman (Michael Ontkean). Et, cette investigation les amènera à révéler au grand jour les secrets les plus sombres des uns et des autres…

Cinéaste majeur de la fin du 20ème siècle, David Lynch, est un transfuge de la peinture et de la photo, arrivé au cinéma pour assouvir cette obsession pour le mouvement. Et, il nous livrera des chef-d’oeuvre tels que “The Elephant Man“, “Blue Velvet” ou encore celui que je compte parmi l’une de ses meilleures réalisations, “Mulholland Drive“.  En 1990, Lynch, associé au scénariste Mark Frost (qui est spécialisé dans les intrigues policières) réalise “Twin Peaks“. Ce n’est pas une série ordinaire car Lynch a su habilement mélanger les codes du langage cinématographique à ceux des séries télévisées. Il a su créer une ambiance remarquable entre réalisme et méthaphysique, humour et tension extrême. La réalisation de Lynch joue de façon perpétuelle sur la nuance entre un monde d’un réalisme déroutant et un univers plus sombre dans lequel les masques tombent pour nous livrer une image angoissante de cette ville inquiétante. La mise en scène jouit aussi d’un excellent casting avec Kyle McLachlan en tête, qui surprend dans son rôle de Dale Cooper. Je retiendrais aussi la prestation de Ray Wise dans le rôle de Leland Palmer. “Twin Peaks” est caractérisé par ce que j’appellerai l’humour “Lynchien”, qui n’est pas aisément définissable car on oscille entre un comique de situation et l’absurde, que je trouve juste jouissif. Si l’aspect de la série et la musique des années ’80 (avec la sublime bande son d’Angelo Badalamenti qui rappelle celle des “Soap Opéra”), peut paraître tout d’abord étrange, plus l’intrigue avance, ces éléments se retrouvent relégués au second plan pour ne mettre en avant que le mystère “Twin Peaks”.

Qui a tué Laura Palmer ? C’est la question que se pose Dale Cooper. Laura Palmer est morte et la série traite principalement de l’enquête autour de son meurtre. Cependant, l’enquête se complique et tout le monde omet de dire la vérité à l’agent du FBI. Et, on se rend compte que la petite ville n’est pas aussi paisible qu’elle en a l’air. Ce qui rend la série encore plus intéressante, c’est la grande variété de personnages et leurs secrets inavouables (ça vous rappelle quelque chose ?). Ici, chaque personnage bénéficie d’un traitement tout particulier et chacun d’eux est détenteur d’une information en rapport avec Laura ou avec la ville elle-même. En définitive, “Twin Peaks” est une aventure qui mêle thriller, horreur, humour et onirisme qui m’a tenu en haleine. C’est une série originale policière qui n’utilise pas les même embranchements que ses homologues et c’est en cela que je l’ai adoré car elle ne ressemble à aucune autre. Tout l’univers sombre, décalé, intriguant et dérangeant de David Lynch prend sa force dans cette série qui a influencé de grands auteurs de séries telles que “X Files“, “The Sopranos” ou encore la très récente “Desperate Housewives” dont le créateur Marc Cherry se vantera d’en avoir adopté la plupart les codes d’écriture.

Alors, si vous n’avez pas encore eu l’occasion de la voir (ou de la revoir), foncez-y tout de suite pour (re)découvrir qui a tué Laura Palmer…

The Shining

Advertisements