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Sinon Bonjour les gens, et les autres aussi… même ceux qui sont en plein milieu de période d’examen et qui ne s’en sortent pas vraiment (oui des excuses, toujours des excuses).

Bref, s’il y a un film à retenir pour ce mois d’Octobre c’est probablement « Beasts of No Nations » réalisé par Cary Fukanaga. Centre d’attention déjà parce que Beasts marque la première production cinématographique de Netflix qui sera aussi disponible dans les salles de ciné. Centre d’attention aussi à cause de la même polémique qui refait surface à chaque fois qu’un film sur l’Afrique est réalisé par des étrangers.

Bon, en ce qui concerne Netflix, c’était juste une question de temps. Les productions originales du service de Streaming dans l’univers des séries télés ont été jusque la plus ou moins couronnée de succès. Il leur fallait juste j’imagine le bon projet pour se lancer dans le business des films.

Bref, parlons du film. « Beasts of No Nations » raconte l’histoire d’un enfant au milieu d’une guerre civile qui devient enfant soldat. En deux heures, Beasts nous montre comment Agu (Abraham Attah) devient enfant soldat, ses aventures (je pourrais trouver un terme plus péjoratif mais ce n’est pas mon genre), et… En fait c’est mieux de ne pas de vous spoiler la fin du film. A la tête du régiment, Idris Elba joue le rôle du ‘Commandant’ qui prend Agu sous son aile et s’engage à faire de lui un leader dans la révolution en marche.

Autant vous le dire, Abraham Attah et Idris Elba livrent deux des performances les plus exceptionnelles de cette année. Si les Oscars avaient une catégorie du meilleur espoir masculin comme les Césars, Abraham serait définitivement nomine.

Personnellement je ne sais pas à quel point la recherche a été poussée mais le film m’a semblé aussi réaliste que possible (je sais par contre que le film est adapté du livre éponyme par Uzodinma Iweala). Certes il y a aussi certaines scènes qui peuvent passer pour clichées, mais ce n’est pas parce que c’est un cliché que ça n’existe pas. Par exemple, l’obligatoire (?) scène du lavage de cerveau, des abus physiques, des meurtres macabres, etc.

Mais comme tout bon film qui se respecte, il nous embarque dans un torrent d’émotions incontrôlables : on a mal pour Agu quand il est forcé de quitter sa famille pour se cacher des rebelles, on compatit et sourit avec lui quand il semble se faire un ami au milieu de toute ces aberrations, on est horrifie quand le Commandant le pousse à tuer sa première victime (âmes sensibles s’abstenir). Tout au long du film, durant les phases creuses, la narration par Agu nous permet d’avoir une fenêtre ouverte dans son subconscient. On comprend un peu plus dans quelle situation il se trouve, et comment il essaie de s’en sortir. Beaucoup de questions de moral y sont posées : entre le bien et le mal, la justification de nos actions, la part de Dieu dans tout ce désordre. Bref j’imagine, des questions que l’on se poserait tous si on était dans la même situation.

Avant de conclure je voudrais aborder un instant cette polémique autour de qui doit ou peut faire des films sur l’Afrique. Déjà, je comprends le ras-le-bol des gens : voir l’Afrique par un autre œil que celui d’un Africain n’est pas chose aisée. Surtout quand la tendance se résume clairement à montrer le pire du continent. Mais il y a plusieurs choses en prendre en considération. Premièrement, pour les Américains, le cinéma est un Business. Si le projet n’a pas la capacité de rapporter de l’argent, aucun studio ne le produira. Beasts a eu le même problème avant d’arriver à Netflix. Deuxièmement c’est aussi une affaire de couverture médiatique (qui elle aussi est une affaire de ‘est-ce que ça rapporte ?’). Des milliers de films sur l’Afrique sont produit chaque semaine par des indépendants et une bonne fraction de ces films est constituée de films par des Africains et montrant l’Afrique sous un meilleur jour que ce à quoi on nous a habitué. Mais ces films ne sont pas assez médiatisés. Ils ne font pas vendre assez de journaux, ils ne rapportent pas assez de souscriptions, ils ne causent pas assez de polémique. Bref, vous comprenez.

Troisièmement, et ceci est juste mon avis, mais aucun film n’a pour mission de valoriser ou dévaloriser l’Afrique. Un film c’est d’abord une histoire à raconter. Et même dans la pire des histoires, il y a un héros, une morale, une transformation à retenir, et c’est ce message-là qui est le plus important.

Bref, « Beasts of No Nation » est un film que je recommande vivement à tous et toutes, cinéphiles ou pas. C’est juste une expérience cinématographique que vous allez vouloir vivre. Ne vous retenez pas, regardez-le dès que possible.

P.S. Je ne l’ai probablement pas assez mentionné mais la réalisation de Cary Fukunaga est juste magnifique. Et bravo à son directeur de photographie parce que chaque plan de ce film est comme un tableau que je pourrais accrocher sur un mur de mon appartement.

Beasts of No Nation : 9/10

Kansas City Shuffle

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