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Sinon bonjour les gens, et les autres aussi… même ceux qui ne répondent jamais.

Comme promis, je continue mes efforts pour vous recommander chaque semaine, des films et séries qui a mon avis méritent d’être recommandés. Et cette semaine je voudrais parler d’un film qui curieusement n’a pas eu la couverture médiatique que je pensais qu’il aurait.

A chaque fois que j’ai eu à tombe sur un film commençant par « A Spike Lee Joint » j’ai toujours essayé de mettre mes sentiments envers le réalisateur de côté. Il ne fait nul doute que Spike Lee est l’un des réalisateurs Black les plus coté aux États-Unis, et à chaque fois qu’il sort de sa torpeur pour nous proposer un joint, celui-ci en vaut largement le détour. Mais comme je l’ai dit plus haut, son nouveau film, « CHI-RAQ » m’a donné l’impression d’être passe inaperçu auprès du grand public. Et c’est dommage.

« CHI-RAQ », il faut lire ‘Chaii-raq’ et non ‘Chiraq’ comme l’ex-président Français, est l’un des rares films sur lequel je ne savais rien précédant mon entrée dans la salle de cinéma. J’avais vu une bande annonce en passant mais j’y avais pas prêté attention. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai une sorte de rétention sélective sur les news concernant Spike Lee depuis qu’il a massacré le remake du film culte Coréen « Old Boy ». Donc c’est purement par curiosité cinéphile que je me suis aventuré dans cette salle en particulier. Et je n’ai pas été déçu.

« CHI-RAQ » c’est l’histoire de la population des ghettos de Chicago et de l’entreprise un peu machiavélique entreprise par les femmes de ladite société pour réduire la violence et les meurtres dans la ville. Leur idée ? Faire une grève de sexe qui obligerait les plus enclins à la violence à déposer les armes et arrêter le massacre.

Dès les premières minutes du film on retrouve la magie qui a fait de Lee un réalisateur célèbre. Après les premières minutes obligatoires d’exposition, on se retrouve dans un match de boxe animé par Spike Lee qui assène coup après coup avec une virulence bien à lui. Lee s’aide de statistiques et de faits réels pour apporter plus de poids a ses arguments. Oui argument, parce que en fait, son film une forme de plaidoyer non seulement aux enfants de Chicago, mais aussi à la société et au gouvernement qui ne semblent pas très intéressés à se mêler au sujet. Il prend chaque minute de son expose pour rappeler à quel point la violence gratuite peut être stupide et parfois juste un cercle vicieux qui ne laisse que peu de chances aux victimes de s’en sortir.

chiraq

On pourrait penser, justement, que le focus de Lee se reposerait sur le fond du message plus que pertinent qu’il tenait à passer. Mais comme il nous le rappelle dans ce film, la forme est tout aussi importante que la forme. Et la forme de ce message est juste magnifique. Déjà, il nous offre Samuel L. Jackson en narrateur qui occasionnellement ‘break the fourth wall’, en d’autres termes, s’adresse directement au public. De plus, il est le seul personnage du film qui sait qu’il est dans un film et arrête parfois la narration dudit film pour rajouter ici et là des commentaires et statistiques qui aident à mieux saisir la portée du message. Autre chose, la totalité, LA TOTALITE, des dialogues et monologues de ce film est en rimes. Non sérieux, sans blagues, de la première seconde a la toute dernière.

Au début on peut croire que c’est juste une phase. Le film, après-tout, gravite autour de son personnage principal, Chiraq (joué par Nick Cannon), rappeur et leader de gang originaire de Chicago, et de sa copine Lysistrata (jouée par Teyonah Parris) a l’origine de l’idée de grève de sexe. Et je dois avouer, après 15 minutes, je redoutais l’effet qu’aurait le film sur mon cerveau, étant donné qu’il n’était pas simple pour le francophone que je suis de déchiffrer les dialogues. Mais étrangement, au bout d’une trentaine de minutes, la forme du langage devient une partie intégrante du film. Donc au lieu d’être constamment déconcentré par la poésie des paroles, elle devient une partie essentielle de ce qui rend le film exceptionnel.

Dans un mélange entre le dramatique et la comédie, de nombreuses guest stars de la communauté Black viennent apporter leur soutien au réalisateur. Les réactions oscillent entre rires, quand la société et ses hommes se mettent à paniquer a l’optique d’une grève de sexe ; et des grincements de dents quand le film devient trop réel et nous rappelle de la violence qui sévit dans les rues de Chi-raq. Un équilibre entre divertissement et conscientisation. Un film proche de la perfection.

Bref… Je conclus en vous rappelant ceci : ce film est une fiction et pas un documentaire, traitons le en tant que tel.

Je ne peux que vivement vous recommander de voir, le plus tôt possible, et en version originale (sous-titrée s’il le faut) l’incroyable accomplissement cinématographique qu’est « CHI-RAQ ». Un film qui, malgré le fait qu’il soit passé sous le radar des Oscars, promets d’être l’un des films les plus important pour cette génération d’Américains, et un exemple à suivre pour les réalisateurs qui doutent encore qu’on puisse coupler social et divertissant dans une même œuvre.

P.S. : Le film est très sexuel, au cas où vous n’auriez pas encore fait le rapprochement. L’acte sexuel y est discuté en profondeur et plutôt cru. Je voulais juste ajouter ça, pour que vous ne soyez pas trop surpris et embarrassés si jamais vous décidez de ne pas voir le film tout seul.

 

CHI-RAQ : 9/10

LE MAMBO RECOMMANDE !!!

Kansas City Shuffle…

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