Ce film du réalisateur Sanjay Leela Bhansali, à qui l’on doit Devdas, reprend les écrits d’un poète du 13ème siècle sur une reine hindoue Padmavati. La beauté de cette reine était convoitée par le sultan Alauddin, prêt à tout pour l’avoir mais confronté au courage de Padmavati qui préfère s’immoler que de perdre sa dignité.

C’est donc une adaption que nous offre Sanjay, toujours accompagné de ses 2 muses au nom de Deepika Padukone et Ranveer Singh à qui il confie respectivement le rôle de Padmini et du sultan Alauddin. Shahid Kapoor rejoint le casting dans la peau du roi et mari de Rani Padmini, Ratan Singh. On a donc ce trio d’acteurs talentueux au service d’un réalisateur de génie, c’est donc à juste titre que l’on s’attend à un film qui va battre quelques records d’audience en ce début d’année.

Après plusieurs mois de patience et un décalage au niveau de la date de sortie, le film devait sortir le 1er Décembre mais fait face à plusieurs polémiques et censure. Le 25 janvier arrive enfin, c’est donc avec engouement que je pars voir ce film tant attendu le jour de sa sortie. 2H45 de film, ça ne me fait pas peur et finalement je trouve le temps court.

Dans sa généralité, je vois qu’il y a eu du travail pour ce film, les costumes sont fabuleux, les bijoux, certains décors. On a l’habitude d’être éblouie avec un film de Sanjay et là encore la magie fonctionne. Certaines scènes sont vraiment poignantes et captivantes, on a l’impression d’être happé par l’écran. La réalisation est simple mais efficace, c’est-à-dire que la caméra nous montre ce que l’on a besoin de voir. Il n’y a aucun plan fait au hasard ou pour combler le film. De toute façon les décors en arrière-plan captent l’œil du spectateur mais on voit ce qu’il faut voir sans se perdre dans un trop pleins d’information.

Concernant les acteurs, on retrouve le duo préféré de Sanjay de ces dernières années. Après Ram-Leela, Baijarao Mastani, Deepika et Ranveer se retrouvent une fois de plus sous l’œil de la caméra du réalisateur. Deepika nous a déjà montré à plusieurs reprises qu’elle était faite pour ce métier avec des rôles variés mais toujours interprétés avec Brio. Dans la peau de cette reine n’écoutant que son amour et sa dignité, elle montre à ceux qui avaient encore des doutes que c’est une grande actrice. Elle parvient à nous transmettre ses émotions et la scène finale brille par son jeu, sans dire mot durant de longue minutes on ressent sa détermination puis sa tristesse et enfin sa fierté. Héroïne de ce film dont son personnage porte le nom, elle nous fait un sans-faute du début à la fin.

Le second personnage est Ratan Singh, mari de Rani Padmavati. Shahid Kapoor porte ce personnage aussi bien qu’il l’a voulu le faire, j’ai encore quelques réserves sur sa performance. C’est un acteur qui sait jouer beaucoup d’émotions mais dans ce film j’ai eu l’impression de ne voir que trois expressions sur son visage. Mais attention, ces 3 expressions sont selon moi bien joués. Il donne une puissance à son personnage et face à Alauddin il est convaincant. Toutefois le sentiment d’un « peu mieux faire » reste en arrière-goût.

Celui qui met ce film dans une autre dimension est Ranveer Singh, l’histoire retiendra sa prestation magistrale dans le rôle de ce sultan meurtrier, cruel, assoiffé de richesse et de sexe. Sur le papier, on ne peut pas aimer ce personnage mais Ranveer nous met un challenge, celui de sortir de la salle sans ressentir un peu d’empathie pour cet homme. Cela est dû uniquement à sa prestation qui nous transporte tout le long du film. Après une transformation physique, les longs cheveux et barbe et ses yeux injectés de sang, Ranveer nous prouve qu’il est digne d’être mis au rang de grand acteur. Ses apparitions sur l’écran sont attendues par les spectateurs et la salle l’acclame, surprenant pour un personnage fait pour être antipathique. Ranveer réalise un exploit tout comme l’avait le regretté Heath Ledger dans son rôle du Joker.

Le point négatif que l’on note c’est trop grande présence d’images de synthèses au détriment de décors plus naturel. Par moment on frôle le jeu vidéo tant on est dans l’excès mais fort heureusement le visuel dans l’ensemble est à couper le souffle. Les amateurs de films de Bhansali savent qu’il est toujours au rendez-vous pour satisfaire nos yeux.

 

Ma Note?    4/5

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